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Guérilla gardening France | Origines
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Origines

EN COUR DE RÉÉCRITURE Février 2015

 

➝  Le mot « guérilla »

guerilleros-espagnolesNous faisons parti du mouvement de la « green guerilla », de RTF (reclaim the fields), des TAZ (temporary autonomous zone), des Diggers, du squat… D’origine espagnole, « guérilla » signifie « petite guerre », une guerre où des francs-tireurs lancent des assauts sporadiques au lieu de combattre en masses. Des Espagnols prirent ainsi le nom de « guérilleros » lors de leur combat pour repousser Napoléon et conserver leur terres agricoles de subsistance. Si les soldats sont apolitiques et suivent les ordres, les guérilleros sont autonomes, ils n’ont pas le poids de la bureaucratie et sont des électrons libres qui ne répondent qu’à leur propre cause. Ils sont à la fois commandants et simples soldats, ils sont en dehors d’une gestion pyramidale ce qui leur donne un pouvoir d’action et une grande liberté d’expression. Ce sont cette indépendance et cette autosuffisance qui rendent le combat si efficace. 

En 516 avant JC, les Scythes résistèrent à l’envahisseur en menant des raids nocturnes contre les lignes de ravitaillement au lieu de s’en tenir aux champs de bataille habituel. 

 

 

Aujourd’hui nous ne sommes pas  armés comme les guérilleros espagnols mais notre organisation s’apparente encore à celle de la guérilla : même si nos actions débordent du cadre d’une guerre conventionnelle, nous  créons l’escarmouche et nous n’hésitons pas à enfreindre les règles pour clamer ce que nous, et d’autres habitants, vivons comme des injustices. Ces mots que nous utilisons (guérilla, escarmouche, action…) sont facilement compréhensibles, ils peuvent paraître guerriers mais ils relèvent d’une dérision volontaire entre la violence d’une guerre et le calme et la sérénité nécessaires au jardinage. Cela donne aussi une teneur détendue mais déterminée à notre mouvement pacifiste. 

 

 guerrillagardeningjardinierepotager

Certes certains diront que le mot « guérilla » est un terme guerrier mais il est aujourd’hui utilisé dans une logique non guerrière. Toutefois l’organisation de la guérilla gardening s’apparente à de l’escarmouche. Les actions de guérilla dépassent les limites territoriales d’une guerre conventionnelle de conquête territoriale pour entrer dans l’entité politique, sociale et écologique.

Pour finir ce terme est encore utilisé aujourd’hui comme un trait d’humour face au possible réactions policière face à des « criminels » qui plantent des fleurs et des légumes. L’usage du mot « guérilla » provoque un intérêt sur la nature de l’action, il crée une rupture avec les manifestations « classiques » vue et revue, il stimule une réaction d’ampleur que d’autre nom comme « jardinier urbain » ne provoquerait pas…

 

La guérilla potagère de Lille se définit ainsi :

« La ‘guerilla potagère’ est un terme facilement compréhensible en lui même.
De plus il relève d’une contradiction comique entre la violence d’une revolution ou le terme guerilla est utilisé et le calme et la sérénité nécessaire au maraîchage. Cela donne donc une teneur détendu mais determiné à notre mouvement pacifiste.

Cette Guerilla est menée symboliquement contre notre mode de vie non durable.
Combattre
– la marchandisation du vivant
– la stérilisation des surface urbaines
– le replie sur soit et la méfiance des autres « 

[en apprendre davantage sur le terme guérilla sur Wikipedia]

 

 

 

 

➝  Les guérilla d’hier à aujourd’hui :

 

La naissance de la guérilla gardening a suivit plusieurs phases avant de correspondre à nos collectifs modernes. Toutes celles et tout ceux qui se battirent pour garder leurs terres ou y accéder à travers des actions diverses participèrent à la naissance d’une forme d’activisme aujourd’hui appelée, en France, « guérilla jardinière et potagère ».

 

 

 

XVI-XVIIème siècle

Le mot «biens communs» est dérivé du latin « communis ». Les « commons » en anglais (ou communs en français) sont des lieux, des espaces ou des milieux qui ne sont la propriété de personne mais qui sont partagées par tous. Dans beaucoup de communs, les populations locales ont traditionnellement bénéficié de droits d’usage coutumiers (la plupart du temps de pâturage des animaux et du bois de chauffage, mais aussi souvent le semis de petites parcelles sur les franges des communs pour des jardins maraîchers ou se nourrir). Ce droit permettait aux petits paysans non propriétaires de terres de vivre par exemple de l’élevage avec une certaine autonomie vis-à-vis des puissants et permettant l’accès de chacun à une ressource vitale par delà la logique de propriété privée.

Mais en dépit de leur nom, les communs étaient rarement, voir jamais, des terres détenues collectivement : il était presque toujours un terrain appartenant au seigneur du manoir, sur lesquels, au fil du temps, d’autres personnes locales obtenaient certains droits pour y exercer leurs activités. Mais ces droits n’avaient souvent pas le poids juridique, ils faisaient partie d’un contrat social tacite …

Le capitalisme s’est développé remplaçant peu à peu cette société sociale verticale complexe par une société basée sur le profit. Ceci a conduit au remplacement de l’utilisation traditionnelle des terres et des communs par une agriculture intensive, par la transformation des forêts en clairières et par l’exclusion des pauvres des communs.

 

 

 

Les premiers « Diggers »

 

DownWithTheFencesLa première grande vague d »enclosure » (clôture, privatisation des terrains) des communs eu lieu de la fin du XVIème au milieu du XVIIIème siècle. La saisie de terres appartenant à des monastères, par les nobles et la hausse paysannerie riche, avait déjà commencé. En 1549, il y avait eu une rébellion de masse dans le Norfolk, et ailleurs, contre les enclosures. Plus les enceintes s’élevaient, plus la résistance se développait.

Dans la région des Midlands, en 1607, des milliers de paysans pauvres sans terre combattirent la milice et firent tomber les clôtures. C’est de là que les noms « levellers and Diggers » (niveleurs et Diggers) furent apparemment adoptés pour la première fois par ces rebelles. Plus tard, et encore aujourd’hui, ces noms sont utilisés car ils représentent une énorme signification politique. Leur technique consistait principalement à remplir les fossés et à détruire les clôtures.

Il faut aussi savoir que des pétitions et des audiences au roi étaient aussi menées par les paysans. Le roi et certaines sections de la noblesse ont parfois essayé de limiter les enceintes pour protéger les pauvres contre l’exploitation trop extrême, dans le cadre d’un paternaliste et pour éviter de conduire à un soulèvement de masse. Les paysans avaient donc parfois gain de cause contre les « enclosures », mais sans forcément de réelles actions juridiques ce qui obligeait les paysans à passer à l’action…

 

 

 

1649 : The True Diggers Gerrard Winstanley

 

 

digsceneLe 1er avril 1649, Gerrard Winstanley rejoint William Everard pour cultiver des terres de la paroisse de Walton, sur la colline de Saint Georges’ Hill dans le Surrey. Ils y plantèrent des panais, des carottes et des haricots. Ils se firent appeler « The true Diggers » (Les vrais niveleurs) car ils se voyaient comme un mouvement plus visionnaire et moins compromettant que les Diggers.

Gerrard Winstanley a été l’une des premières personnes à identifier clairement l’extension des droits de propriété privée à la terre comme vice fondamental de l’humanité et il croyait en une forme radicale du christianisme. Le choix du dimanche pour mener leur première action fut pour souligner symboliquement le refus des pratiques religieuses imposées par l’Église.

 

« La vraie religion consiste à procéder à la restitution de la terre qui n’ait été prise au peuple grâce à la puissance de conquête d’autrefois et ainsi libérer les opprimés »
Gerrard Winstanley pour le Parlement et l’armée, 1650

 

Le pasteur, propriétaire terrien local du nom Parson Platt, a rejeté la croyance chrétienne de Winstanley et celle de ses occupants. Il utilisa tous les moyens (légaux et illégaux) pour confisquer leur bétail, détruire leur campement et leurs cultures, laissant la communauté Digger sans nourriture. Mais les Diggers n’ont pas abandonné, après ces quelques mois ils se déplacèrent vers un autre site près de Cobham, où ils ont pu rester plus longtemps et augmenter les récoltes. A force de subir des attaques constantes, l’oppression, la malnutrition et la mauvaise santé générale ils cessèrent au bout d’un an.

Plusieurs autres colonies Diggers surgirent dans tout le pays. D’autres colonies ont vu le jour un peu partout mais toutes ont connu le même sort que celle de Saint George’s Hill. Le mouvement s’est donc éteint vers 1650.

Il décrit la Terre comme un Trésor commun pour tous, riches et pauvres, que tout homme qui est né dans la terre, peut être alimenté par la Terre mère.

 

«c’est indéniablement une affaire de justice que le peuple travailleur puisse bêcher, labourer et habiter les communs sans avoir à louer ni a payer une redevance à quiconque »
A letter to Lord Fairfax and his Council of War, texte rédigé par Gerrard Winstanley
winstanleydiggersguerrillagardening

 

Dans sa déclaration de la terre un « trésor commun pour tous» Gerrard Winstanley est allé plus loin que les premiers Diggers n’avaient osé. Avec ses quelque 40 partisans , il a lancé un défi pacifique à toute la nation à se joindre à lui, pour libérer la terre de l’Angleterre pour toujours et pour donner l’exemple dans le monde pourrait suivre. Il aborda les questions sociales qui niveleurs avaient fait qu’effleurer.

« une fois la terre redevenue trésor commun… il adviendra que nul n’osera chercher à dominer les autres, nul n’osera tuer son prochain et ne désirera posséder davantage de terre que son voisin » 
GW dans The Saints Paradic

 

Winstanley est allé plus loin que d’autres Révolutions plus récentes, en transcendant les concepts de gauche ou de droite et en exigeant pas moins que l’accès direct et commun aux ressources naturelles.

 

– Dans les siècles qui suivirent, le système prit encore de l’ampleur et, après 1760, se propagea sur le pays entier. L’enclosure ouvrit alors les portes d’une agriculture commerciale et aboutit à la révolution agricole britannique.

– Au début du XXème siècle presque toutes les terres de la Grande-Bretagne avaient subit l’enclosure laissant la grande majorité des paysans sans terre et leur prenant leurs moyens de subsistance.

– Cette accumulation primitive va réduire à l’indigence les masses paysannes et les condamner à vendre leurs bras aux propriétaires terriens, à l’exploitation dans la marine et les manufactures naissantes à l’époque, ou à l’exil.

– La suite est connue : de la fin des communs à l’exploitation de l’homme par l’homme, le Capitalisme a frayé son chemin pour le bonheur des propriétaires et la misère des masses. Or, la lutte entre le capital et le travail a aussi ses lignes de front culturelles. Par bien des moyens, on nous expliqua avec force détails que le progrès passait par l’ordre des choses capitaliste. On évoqua la « tragédie des communs » pour nous mettre dans le crâne que la coopération et la co-gestion des ressources étaient vouées à l’échec.

 

Les Diggers sont aujourd’hui encore reconnus comme la première faction politique, des deux côtés de l’Atlantique, à s’être organisé sur un modèle de gouvernement démocratique autonome.

 

–› Des biens communs au bien commun (une des sources)

 

 

 

 

 Du XVIII au XIXème siècle

 

En 1720 première forme de « tree hugger »

tree-hugger-Bishnoï-déforestation

 

 

« La communauté Bishnoï au Rajasthan (une proince du nord ouest de l’Inde) est reconnue pour avoir été la première à s’être opposée de cette manière à la déforestation. Avec des habitants venant de 84 villages pour défendre leur territoire.

Au total 363 villageois et villageoises ont perdu la vie. Ensuite le Maharaja ordonna un décrêt royal interdisant l’abattage des arbres de tous les villages Bishnoï. »

Chipko « Le nom du mouvement vient du mot hindi chipko qui signifie « étreindre, enlacer » (to hug en anglais, qui a donné naissance au terme tree hugger). Un des traits caractéristiques les plus saillants de ses mobilisations est la participation massive des femmes, inspirées entre autres par Mahatma Gandhi.

 

 

 

 

 

En 1801 John chapman Appleseed :

 

John Chapman était quelqu’un d’original, habillé en haillons et aux très maigres qui a littéralement changé à sa manière l’Amérique du 19e siècle.
En Pennsylvanie John Chapman apprit a multiplier les arbres chez un arboriculteur avant de partir dans les colonies. Embarrassé par la location de propriété il cultiva des terres sans surveillance. Les seuls conflits auraient pu venir des autochtones, mais il leur appris à se soigner avec les plantes et à multiplier des arbres et il n’eut pas d’ennuis.

Ainsi, sans domicile fixe, il continua à devancer les colonies et voyagea pour acheter des terres (175 ha) et planter plus de 17 000 arbres. La magie de ce geste incita les nouveaux colons à s’installer sur ces terres remplis de pommiers ayant sous la main un moyen de subsistance.

C’est donc dire qu’une personne sans instruction, sans le sous ni bien et ni moyen, fût capable, par un geste gratuit et dénué d’intérêt, d’influencer des milliers d’individus. Il pourrait sans aucun doute devenir une source d’inspiration pour tous ceux et celles qui croit qu’on ne peut rien changer.

Aujourd’hui devenu personnage de légende, on s’accorde pour dire qu’il fût l’un des premiers écologistes de notre temps.

 

johnny-appleseed_john-chapman

 

 

Le 18 Mars 1845 John Chapman est décédé du froid de l’hiver…

Il choisit prit un moment très opportun pour passer dans l’autre monde. La dépression qui suivi montrait un changement des modes de vie en passant de l’auto-approvisionnement à de l’agriculture commerciale. La direction politique de l’Ohio approuva l’idée que les pommes ne sont pas simplement une générosité providentielle de Dieu, mais des marchandises de valeur.

 

« an apple a day keeps the doctor away. »

 

C’était bien là la principale raison du conflit de Chapman avec les agriculteurs qui voulaient vendre des pommes, plutôt que de les manger. Il choisit le nom de John Appleseed (graine de pomme) car il faisait pousser des graines pour avoir des pommes à usage domestique alors que dans les vergers commerciaux la technique du greffage est utilisée.

Il est pertinent de se rappeler qu’en plantant un pépin de pomme, il est quasi impossible d’obtenir une copie du plant-mère. Par contre, la semence contient la génétique d’une foule de ses prédécesseurs et on ne sait jamais quel genre de fruits le plant développera. En agissant de cette manière, Chapman mit au monde des centaines de variétés adaptées au climat de leur région avec toute une gamme de formes, saveurs, textures, rusticité, etc.

L’histoire incita même Walt Disney a créer un court-métrage animé en 1948 intitulé « Johnny Appleseed » (voir ici-bas… en anglais seulement).

 

 

 

 

 

Du XX au XXIème siècle

 

 

Au 19ème siècle les villes sont de plus en plus peuplées et les banlieues ont commencé à apparaître, avec des maisons pour les classes moyennes. Ces développements ont conduit à la disparition de nombreux communs, de bois et de champs autour des villes. Le libre-échange et les moyens pour importer des aliments provenant de l’autre bout du monde dans les super-marchés firent baisser la valeur des terres agricoles au profit de l’urbanisation.

La résistance contre les « enclosure » et la privatisation des terres s’est progressivement transformé en une lutte pour devenir propriétaire d’une maison et pour accéder aux loisirs. En particulier dans les villes en pleine expansion, l’espace vert est devenu important pour les travailleurs.

L’aménagement de parcs paysagers fut pensé pour faire diminuer le taux de moralité des pauvres, afin de les encourager à apprécier les choses plus fines et pour qu’ils deviennent « ordonnés ». Les parcs, vus comme lieux de contrôle social, ont donc aussi été pendant longtemps des lieux de rencontre de masse pour les radicaux de la classe ouvrière. Encore une fois les autorités ont essayés de les rendre clôt derrières des barrières pour en limiter les turbulence et les manifestations.

 

 

En 1953 Jean Giono écrivait « L’homme qui plantait des arbres. »

Jean Giono écrit L'homme qui plantait des arbres

Extraits bout à bout : Il avait imperturbablement continué à planter. Les chênes de 1910 avaient alors dix ans et étaient plus hauts que moi et que lui. Le spectacle était impressionnant. J’étais littéralement privé de parole et, comme lui ne parlait pas, nous passâmes tout le jour en silence à nous promener dans sa forêt. Elle avait, en trois tronçons, onze kilomètres de long et trois kilomètres dans sa plus grande largeur. Quand on se souvenait que tout était sorti des mains et de l’âme de cet homme – sans moyens techniques – on comprenait que les hommes pourraient être aussi efficaces que Dieu dans d’autres domaines que la destruction. Le vent aussi dispersait certaines graines. En même temps que l’eau réapparut réapparaissaient les saules, les osiers, les prés, les jardins, les fleurs et une certaine raison de vivre. Mais la transformation s’opérait si lentement qu’elle entrait dans l’habitude sans provoquer d’étonnement. C’est pourquoi personne ne touchait à l’oeuvre de cet homme. Si on l’avait soupçonné, on l’aurait contrarié. Il était insoupçonnable. Qui aurait pu imaginer, dans les villages et dans les administrations, une telle obstination dans la générosité la plus magnifique ?

[ vidéos en bas de page] [le texte sur le forum]

 

 

 

 

 

 

1969 : Berckley (Californie), les peoples’s park.

 

Tout à commencé par la création d’un jardin par les populations locales sur un terrain délaissé dans une Université à Berckley (californie). Ce dernier fut détruit puis ré-occupé-jardiné de nombreuses fois, entrainant des manifestations et un la naissance d’un mouvement autour de la lutte des « People’s Park ». Le jardinage n’y a jamais été autorisé alors que c’était ce que les gens voulaient ! Voici un résumé de cette lutte qui est parti d’un jardin et qui a donné naissance à une contestation plus générale, à des modes d’actions pacifistes, créatives et joyeuses :

 

En 1957 l’Université de Californie affecte 1,3 million de dollars pour l’achat de terres pour installer davantage de terrains de jeux, de bureaux et de parkings.

Dix ans plus tard un rapport recommande l’achat du site du futur « Parc du Peuple », affirmant quelle est une « scène de concentration hippie avec une forte hausse de criminalité. »

L’Université envoie des avis d’expulsion aux résidents et détruit leurs maisons au bulldozer rendant le lieu impraticable, plein de boue.

 

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Les commerçants et les résidents locaux se réunissent et proposent des utilisations alternatives pour ce site abandonné. Mike Delacour propose un parc communautaire développé par leurs usagers. Le 20 avril 1969 le « People’s Park » est créé, des centaines de personnes répondent à l’appel. La première étape fut de retirer l’asphalte qui couvrait la terre. Certains utilisés les techniques des pompiers, d’autres à la main, d’autres avec des poteaux de clôture métalliques. Les People’s Park plantèrent ensuite des arbres, des fleurs, etc. Il installèrent des équipement et des jeux pour les enfants ; le tout de manière festive, avec la distribution de nourriture gratuite.

 

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Le 6 mai 1969 la chancelière Heyns rencontre avec les membres du Comité populaire du parc et d’autres personnes impliquées. Elle leur laisse trois semaines pour venir avec un plan pour le parc en promettant qu’aucune construction ne commencerait sans avertissement préalable.

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Le 15 mai 1969 le « Bloody Thursday  » : 250 patrouilles de police envahirent le parc à 04h45, firent évacuer les personnes présentent et déblayèrent le jardin. La construction de la clôture d’enceinte s’ensuivit. L’après-midi même une foule de 6000 personne se dirigea vers le parc. Des échangent eurent lieu avec la police avant qu’ils ne ripostent à la chevrotine, aveuglant un homme, en blessant mortellement un autre et blessant 128 autres manifestants.

Vers le soir, le gouverneur Reagan appelle la Garde nationale et interdit les rassemblements publics.

 

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Du 16 au 28 mai 1969 les manifestations se poursuivirent sur ​​une base quotidienne. Un hélicoptère pulvérisait du gaz lacrymogène sur le campus…

Des étudiants ont contacté les gardes sans hostilité, en parlant calmement ; certains mirent des fleurs dans les canons de fusil des gardes. Des étudiantes enlevèrent leur chemisier, se trémoussèrent ses seins exposés à la foule et scandaient : « Faites l’amour, pas la guerre! » ; un garde posa son fusil, s’assit sur le trottoir et pleura.

Le même week-end un pick-up remplis d’arbres et de plantes fut conduit dans toute la ville ; les guérilleros jardiniers plantèrent rapidement des arbres et des fleurs dans un terrain vacant qu’ils avaient repéré. Les plantes gagnèrent temporairement le combat contre la police.

 

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Le 30 mai 1969 30 000 personnes défilent pacifiquement.

Le 20 juin 1969 il est voté que le parc soit transformé en un terrain de football et un parking.
Le parc est clôturé de grillage et maintenu sous surveillance 24/24 heures.

En mars 1971 il y a une autre manifestation pour la sauvegarde du parc ; 44 arrestations.

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En mai 1972, après l’annonce de Nixon de miner de Port principal du Nord du Vietnam, une foule outragée démolit la clôture. En Septembre, le conseil municipal de Berkeley vote pour la location du site.

Le Conseil municipal approuve le fait de louer le terrain au People’s Parc de l’Université !

 Le parc du Peuple est aujourd’hui détenu, géré et entretenu par l’Université de Californie et sert de parc public, accessible gratuitement aux membres de la communauté. Il comprend notamment des zones de jardinage communautaires aménagés avec des plantes indigènes de la Californie. Occasionnellement un large public y est attiré pour des rassemblements, des concerts, des spectacles, etc. La riche histoire de ce parc en fait un lieu important dans la culture locale.

 

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Bien que ce soit un parc conçu et construit par des bénévoles – ceux qui se considèrent comme anarchistes – son design est très similaire à d’autres parcs – classique avec la signalisation, l’éclairage, des allées, des bancs, des zones enherbées, des poubelles… Il occupe environ les deux tiers d’un quartier de la ville, avec des chemins pour y accéder à chaque coin et sur les côtés du parc.

« Si un jour, un fonctionnaire arrive avec un morceau de papier, un titre foncier, qui stipule que l’Université de Californie est propriétaire du terrain du People’s Park que ce passerait il ? Que vaudrait ce papier ?

Il y a longtemps que les Indiens Costanoan vivaient dans la région aujourd’hui appelée Berkeley. Ils n’avaient aucune notion de la propriété foncière. Ils croyaient que la terre était sous la garde et la tutelle des personnes qui l’ont utilisé et qui ont vécu sur elle. Les indiens ont été massacré et leurs maisons détruites pour installer un parking à la place.

Si un jour un fonctionnaire vient nous dire qu’ils reprennent les droits sur le parc voilà ce que nous leur répondrons :

Le titre de votre terre est couverte de sang, nous ne laisserons pas ton peuple arracher les terres des Indiens comme vous le faites depuis si longtemps. Si vous voulez reprendre ces terres… vous devrez vous battre à nouveau.« 

 

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Cet événement montre aussi comment les valeurs hippies, étudiantes et des politiciens conservateurs s’entrechoquèrent à la fin des années 1960. On voit aussi comment réagissent de façon excessive les politiciens face à un rassemblement pour la plupart pacifique. C’est aussi l’histoire d’une lutte un peu similaire à ce qui se passe aujourd’hui notamment avec les mouvements Occupy et de guérilla gardening à travers le monde, où les espaces publics sont pris en charge temporairement par des gens pacifiques qui cherchent à prendre position notamment contre le chômage et le capitalisme. Cet événement peut être considéré comme un signal de la fin des années soixante, quand la « contre-contre-culture » finirait par gagner du terrain, comme une poussée contre le libéralisme…

 

–›  Pour plus d’infos, pour les soutenir, faire un don pour acheter un jour le parc
–›  une source
–›  une source

 

 

 

 

 

 

 

Stokwell green

 

Stockwell Green, au sud de Londres, au 17ème siècle, a été utilisé par la population locale pour les loisirs souvent turbulents et il fut tenté de clôturer les lieux… Les activistes locaux détruisirent la clôture pour reprendre leur place. En 1855, un comité d’aristos érigèrent une nouvelle clôture et ils réussirent à en exclure le public. Mais les vieilles histoires réapparaissent toujours : en mars 1990 des manifestations réussirent à y accéder, y dansèrent et mirent leurs bannières sur cet écrin vert.

« The Green will rise again »

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Beaucoup, sinon la plupart des espaces ouverts – communs, bois, verts – de toute taille qui restent aujourd’hui à Londres existent parce qu’ils ont été préservés de développement par l’action collective. Que ce soit par des émeutes, la démolition des clôtures, la ré-ouverture de terrain clos ou par agitations juridiques. La plupart des communs et des parcs qui rendent la vie à peu près supportable dans cette ville enfumée ne seraient pas là si ils n’avaient pas été activement défendue.

 

 

 

1973 : « green guerrilla » par Liz Christy.

guerilla gardening Liz Christy New York est alors lourdement touchée par la crise économique et de nombreux propriétaires ne peuvent plus entretenir leurs terrains. Ils décident de les léguer à la municipalité, qui décide, en l’absence de moyens, la destruction de centaines de buildings, laissant place à des parcelles vides et abandonnées. C’est dans cette morosité urbaine que Liz Christy décide, avec des amis, de lancer des « seed bomb » pour verdir les parcelles vides. Les actions évoluent peu à peu pour arriver au premier projet de grande ampleur : l’aménagement du jardin mythique de l’angle des rues Bowery et Houston. Après avoir nettoyé la parcelle de 90m2 pendant un an, ils y implantèrent le premier jardin communautaire en même temps que le mouvement des « Green Guerrillas»… Une trentaine de jardinier s’en occupent encore.

 

 

 

1975 – Adam purple – Le jardin d’Eden

Adam purple est un artiste de 80 ans, environnementaliste, activiste social, philosophe, et jardinier urbain/révolutionnaire. Adam doit être l’un des premiers à parler sur les questions de durabilité. Il a créé le Jardin d’Eden de renommée mondiale qui a grandi sur le Lower East Side de 1975 à 86 et détruit par la ville en 1986.Ils n’ont pas recycler ou enregistrer quoi que ce soit. Ils ont juste saccagé. Tout ce qu’ils restait l’arbre chinois de l’impératrice, qui se trouve aujourd’hui dans la cour du futur projet.

Adam a construit un mur en pierres sèches avec des pierres qu’il avait récupérés dans les immeubles qui étaient démolis tout autour du jardin de 4-pieds de haut.

[davantage sur le forum]

 

 

 

 

1990 : Road protests, Pollok free state

Un vaste mouvement d’action directe appelé «Road protests» c’est développé en Angleterre pour occuper des terrains, des quartiers et des forêts menacés par des projets de routes, d’aéroports, de projets de développements urbains, de mines à ciels ouverts et d’autres complexes marchands et industriels. Elle conjuguait la mise en place des expériences de vie collective et d’ancrage sur des terres avec des formes de luttes offensives (occupations des arbres, tunnels, bloquages, sabotages…). L’inventivité féroce et la détermination populaire de ce mouvement d’action directe a forcé petit à petit l’Etat et les industriels à renoncer à un certain nombre de projets destructeurs.

Au début des années 1990 c’est installé un camp de protestation appelé « Pollok free state » contre le projet d’autoroute M77 dans le parc Pollok, en Angleterre. La route a coûté £ 53,000,000 et détruit 5000 arbres. Les manifestants, dont des écoliers, ont tenté d’empêcher cela en utilisant des tactiques telles que la construction et l’ occupation de cabanes dans les arbres et les tunnels. L’expulsion du camp par les huissiers et la police a commencé le 23 Mars 1995 conduisant à 15 arrestations et à un blessé . Bien que le camp n’a pas empêché la route en cours de construction , il a été une expérience formatrice pour de nombreux militants qui n’avaient aucune expérience précédente de l’action directe. Il a également conduit à la démission de M.P. Allan Stewart.

« Pollok Estate nous avait été rendu en 1939 et maintenant ils veulent le reprendre pour une élite de propriétaire de voitures. Non content de posséder la terre et des intérêts privés dessus ils veulent maintenant bloquer notre accès à la terre de nos ancêtres. « 

 

 

 Depuis 2007, Reclaim The Fields agit dans le monde entier !

« Ce mouvement a commencé en Angleterre dans les années 1990 qui se référait au mouvement Reclaim the Streets qui se basé notamment sur des séries d’occupations sauvages, festives et ludiques de l’espace urbain pour aller contre le règne de la bagnole, mais aussi contre les logiques sécuritaires et capitalistes. C’était un espace de convergences ouvert à différentes tendances : écolos radicales, anarchistes, artistiques… et puis ils ont fait des blocages et actions en soutien et noué des alliances, tout cela lors d’actions assez spectaculaires, comme l’envahissement de la City londonienne dans une ambiance de fête, avec toujours cette réflexion sur l’espace, ce qu’on en fait.

Du coup, Reclaim The Fields, ça se veut un peu ce point de convergences, où l’on revendique la terre pour autre chose que l’agriculture industrielle, comme la rue pour autre chose que la bagnole et la consommation.  » Extrait d’interview de B. de Caracole de Suc, 2010, Rencontre Reclaim the Fields à Dijon

 

 reclaimthefields-street-guerillagardeningfrance

Reclaim the Fields est une constellation de personnes et les projets collectifs désireux de retourner à la terre et retrouver le contrôle de la production alimentaire. Nous sommes déterminés à créer des alternatives au capitalisme au travers de coopératives, autonomes, avec de réels besoins collectifs orientés sur la petite production et des initiatives à plusieurs échelles, pour mettre la théorie en pratique et de relier les actions locales aux luttes politiques globales.

Nous voulons briser les frontières entre les agriculteurs professionnels et les auto-consummers autour de l’idée conjointe de réappropriation collective de la production alimentaire. Nous essayons d’établir un lien avec les jardins urbains agricoles des paysans, des consommateurs-producteurs initiatives avec squatters des terres, etc.

 

Nous aimons à penser de Reclaim the Fields comme une constellation, donnant de la visibilité à la large gamme de nos luttes, montrant que chaque morceau de terre que nous parvenons à reprendre, chaque graine que nous produisons, etc. prouve notre persistance et l’entêtement à commencer à découvrir ici et maintenant les changements que nous proposons pour la société tout entière. Parler étoiles est en fait une invitation à aller toucher le sol, retourner à la terre, et de se organiser pour contribuer à des changements sociaux de demain.

 

–› Leur site internet !

 

 

 


 

 

guerilla gardening Londres, 2000

2000 Richard Reynolds

 

Aujourd’hui les jardins individuels et/ou partagés qui enferment bien souvent les jardiniers dans leur individualisme ne suffisent plus et ils sont trop peu nombreux. Richard Reynolds a fait un gros travail pour motiver les gens à pratiquer la guérilla gardening. Nous l’avons rencontré à de diverses occasions et nous restons en contact régulier avec ce guérilleros expérimenté.

 

 

« J’ai été très surpris par le résultat de mes recherches. Au départ, je voyais le guérillero comme un jeune un peu anarchiste, fatalement de gauche, avec un bandana. C’est ça et plus encore. Il y a des professeurs d’université, des ingénieurs et des docteurs, des gens de toutes les classes sociales. Ce qui les réunit, c’est l’amour du jardinage et le désir de le sortir de leur terrain. Il n’y a pas de président — un des bons côtés —, pas de code, de poignée de main secrète, de cordon violet pour vous empêcher de passer. Tout le monde peut devenir un guérillero, c’est l’autonomie en vert. La plupart des gens ne connaissent même pas le terme de guérilla gardening.»

Résidant de Vancouver, lui-même jardinier émérite

 

 
« Beaucoup de gens qui sont intéressés par la guérilla gardening n’ont pas encore pris tout à fait qu’il n’a pas besoin d’être organisée»

Briggs

 

 

 

Né en 1977, il a grandi à Devon en Angleterre. Il est diplômé de l’Université d’Oxford (Géographie) et de la Royal Horticultural Society en horticulture. Il organise de nombreuses conférences sur le sujet. Il vit à Londres.

En 2004 Richard Reynolds a fondé le site international de la GG (GuerrillaGardening.org) après avoir commencé des actions au pied de sa tour.

guerrillagardeningworld

 

Il est aussi l’auteur du livre « guérilla jardinière » des editions Yves Michel qui figure bel et bien dans notre page « références« .

LaguerillajardiniereYvesMichele

 

 

 

 

 

 

 

 

Une vidéo avec Richard Reynolds sous titrée en Français où il présente bien la guérilla gardening :

 

 

 

 

 

 

2010 Bil’in plantation d’arbre en palestine

palestinian

 

A 9h30 du matin des résidents du village de Bil’in, des représentants de la politique Palestinienne, et des activistes Internationaux se sont rassemblés à Bil’in pour planter des oliviers et des graines d’amande pour 20 fermiers qui possèdent des terres à côté du Mur de l’Apartheid d’Israël.

Environ 200 arbres ont été plantés comme faisant partie de la résistance populaire en cours contre le mur de l’Apartheid et les colonies israéliennes.

Bil’in a organisé des actions hebdomadaires et parfois quotidiennes contre le mur durant ces cinq dernières années, gagnant l’attention internationale pour la lutte et devenant un symbole de lutte non-violente, créative et populaire le long de la Cijordanie de Palestine.

Les résidents du village ont eu la permission d’accéder à leur terre de l’autre côté du mur même avant la décision de la Cour il y a deux ans. Aujourd’hui, des fermiers plantent 80 arbres de l’autre côté du mur.

[Source] [Site de Bil’in] [Sur le forum]

 

 

 

 

 

 

 

 

2012 Inde : l’homme qui a planté une forêt de ses mains

Jadav Payeng

 

 

[Inde : l’homme qui a planté une forêt de ses mains 22.05.2012] [The Times of India]

A lui tout seul, Jadav Payeng a fait pousser une vaste forêt sur un banc de sable de 550 hectares situé au milieu du fleuve Brahmapoutre.
Le site compte désormais plusieurs animaux dont l’espèce est en voie de disparition, dont au moins cinq tigres. Une femelle a eu deux petits récemment. […]

 

Les gens du coin appellent cet endroit Molai Kathoni (“le bois de Molai” – d’après le surnom de Payeng).

 

Tout a commencé en 1979. Des crues avaient rejeté un grand nombre de serpents sur le banc de sable. Après le retrait des eaux, Payeng, qui n’avait que 16 ans, trouva le site couvert de reptiles morts. Ce fut le tournant de sa vie. “Les serpents étaient morts de chaleur, il n’y avait pas d’arbres pour les protéger. Je me suis assis et j’ai pleuré sur leurs corps sans vie. C’était un carnage. J’ai alerté le ministère des Forêts et leur ai demandé s’ils pouvaient planter des arbres.

Ils m’ont répondu que rien ne pousserait ici et m’ont dit d’essayer de planter des bambous. C’était dur mais je l’ai fait. Il n’y avait personne pour m’aider”, raconte Payeng, qui a désormais 47 ans. Le jeune homme quitta ses études et son foyer, et se mit à vivre sur le banc de sable.
[…]

Il arrosait les plants matin et soir et les taillait. Au bout de quelques années, le banc de sable est devenu un bois de bambou. “J’ai alors décidé de faire pousser de vrais arbres. J’en ai ramassé et je les ai plantés.[…] Bientôt, toute une série de fleurs et d’animaux s’épanouirent sur le banc de sable, y compris des animaux menacés, comme le rhinocéros à une corne et le tigre royal du Bengale.

➝ Lire la suite sur le forum

 

 

 

 

 

 

 

Accaparement des terres :

Les champions capitalistes de la propriété privée poursuivirent leur  déréglementation et la profanation des communs restants. Les océans, l’air, la terre, les semences, les services publics et même le vivant, tout rentre peu à peu dans la propriété privée !

 

accaparement des terres

 

L’accaparement de terres représenterait 83 millions d’hectares dans les pays en développement. L’équivalent de près de trois fois la surface agricole française (1,7% de la surface agricole mondiale) ! Une superficie équivalant à celle de Paris est vendue à des investisseurs étrangers toutes les 10 heures, dans les pays pauvres. Ces terres pourraient permettre de subvenir aux besoins alimentaires d’un milliard de personnes.

 

« Vous n’avez pas besoin de fusils pour tuer les gens. Quand vous privez un village de nourriture en détruisant les terres agricoles et les cultures de rapport, vous affamez ses habitants […] Cela doit cesser. Nos populations ont le droit de survivre. Personne ne devrait les priver de leurs terres. »
Alfred Brownell, Green Advocates, Libéria

 

 
Une acquisition de terres à grande échelle peut être définie comme l’acquisition de toute surface de terres supérieure à 200 hectares (ha)
Les acquisitions de terres deviennent des accaparements de terres lorsqu’elles violent les droits humains, se déroulent sans planification démocratique et sans la possibilité pour les personnes visées de l’approuver ou de le refuser…
 

Lorsque l’on s’intéresse uniquement à l’Union européenne, chaque citoyen dispose tout juste de 2 000m² de terres arables. Exprimée en hectares, notre production agricole en 2008 enregistrait ainsi un déficit de 34,9 millions d’hectares avec 14,1 millions d’hectares exportés contre 48,99 millions d’hectares importés.

Puisqu’on ne pourra pas augmenter la surface de terres arables disponibles à l’infini, la question est donc de savoir qui sera pénalisé par ce phénomène d’accaparement des terres et pourquoi l’urbanisation des terres arables se poursuit de manière si forte.

 

accaparement-terres

 

 

 

 

 

 

 

Années 1970 : Les Mexicains sans terre

Les Mexicains sans-terre se sont emparés de centaines de milliers d’hectares de terres et se firent appeler les Campamento Emiliano Zapata. Le président Echeverria leur en accorda cent mille; ils s’en approprièrent six fois plus avant qu’une centaine d’entre eux ne soient tués…

 

sans terre Mexicains 1970

 

 

 

 

 

 

4 mars 2012 : Andalousie : des centaines d’ouvriers se réapproprient des terres livrées à la spéculation

D’après l’article de BastaMag et les textes/photos de Philippe Baqué

 

andalousierecuperationterres Philippe Baqué

 

 

Au sud de l’Espagne, des ouvriers agricoles occupent une ferme de 400 hectares, menacée par la spéculation. Ils contestent une répartition féodale des terres, réservées aux grands propriétaires. Et développent une agriculture biologique et paysanne, qui nourrira bientôt des milliers de personnes.

Ils sont arrivés sur des terres sans vie et sans oiseaux. Le lendemain, la propriété, qui appartient au gouvernement autonome régional, devait être vendue aux enchères, très certainement à l’un des puissants propriétaires terriens de la zone, qui l’aurait achetée à un prix avantageux.

Le SOC-SAT, syndicat d’ouvriers agricoles qui a organisé l’occupation, est habitué aux luttes foncières. C’est lui qui a mené tous les combats historiques des journaliers andalous depuis les années 70. Mais les occupations de terre ne datent pas d’aujourd’hui. En 1936, elles s’étaient multipliées.

 

« Andalous, n’émigrez pas. Combattez ! La terre est à vous. Reprenez là ! »

 

Pour développer une agriculture paysanne biologique en rupture avec le modèle dominant, les journaliers andalous font appel à leur sensibilité et à leur mémoire, ravivée par leurs parents ou leurs grands-parents. Les premiers pieds de tomates plantés dans le jardin de Somonte proviennent de semences très anciennes apportées par son père de 84 ans.

 
 
« Nous sommes fatigués de voir ceux qui spéculent avec la terre spéculer aussi avec les produits chimiques, avec les semences et avec l’eau. Il va être difficile de mettre les 400 hectares en agriculture biologique mais nous allons le faire »
Lola.
 

Les occupants ont aussi décidé d’en finir avec l’injuste et scandaleuse répartition féodale des terres en Espagne qui fait que la duchesse d’Alba possède encore 30 000 hectares de terres et le duc del Infantado, 17 000. Plus de 60 % des terres les plus riches du pays sont entre les mains d’une poignée de puissantes familles, qui spéculent avec elles et perçoivent la majorité des aides agricoles.

 

« La terre n’appartient à personne. Elle n’est pas une marchandise. Elle doit être entre les mains de celles et de ceux qui la travaillent. Nous l’occupons pour nourrir nos familles et vivre dignement. »
Lola

 
Depuis l’occupation, la vente des terres a été suspendue. Mais les occupants ne souhaitent pas devenir propriétaires de Somonte. Il réclament un simple droit d’usage. Rappelant que depuis 20 ans, ces 400 hectares n’ont nourri personne.L’Andalousie connaît actuellement un taux de chômage record de 34 % pouvant aller jusqu’à 63 % chez les jeunes de moins de 25 ans. Avec la mécanisation à outrance et les mauvaises récoltes des oranges et des olives, il est désormais impossible aux 400 000 ouvriers agricoles de la région de réunir les 35 journées de travail annuelles nécessaires pour bénéficier d’une allocation mensuelle de 400 euros.

Durant l’été 2012, des marches ouvrières ont parcouru toutes les provinces andalouses pour dénoncer les mesures d’austérité. Une grande ferme appartenant à l’armée, laissée à l’abandon, a été brièvement occupée. Ce contexte social et politique tendu, et toutes ces luttes, font aujourd’hui de Somonte un symbole très populaire de la capacité des ouvriers à prendre en main leur destin. L’alimentation est au cœur des luttes.

 
« S’ils nous expulsent 20 fois, nous occuperons 21 fois !
Nous n’avons pas le choix. Le gouvernement ne sait pas comment réagir. Et nous, pendant ce temps, nous montrons qu’une autre voie est possible. Nous disons qu’il faut occuper les terres pour avoir un travail et pour vivre. Mais il faut aussi occuper les logements pour donner un toit aux familles. Et il faut occuper les banques pour dénoncer les aides financières que nos gouvernements leur apportent tout en faisant payer les plus pauvres. Il faut occuper ! Voilà la solution. »
Lola

 

 

 

 

 

 Notre Dame Des Landes

 

 

A suivre.

♥ Corrigé en janvier 2011 par la guérilleros Cassis
 ♥ Mis à jour l’été 2011 par Gabeu






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