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76 – Arrêt Total au Havre

SUR LA CARTE

Antipubs*, vélorutionaires*, écologistes, radicaux, libres, jeunes, vieux, handicapés, guérilleros jardiniers et autres citoyens conscients des urgences climatique étaient au rendez vous pour faire entendre leurs voix. Des voix pour un « arrêt Total » accusant l’industrie pétrolière de contribuer dangereusement au changement climatique. La journée d’action du Havre, soutenue par des groupes tels que le Camp Action Climat et le réseau mondial Climate Justice Action (Action pour la justice climatique), s’inscrivait dans le cadre d’une semaine d’actions contre l’industrie des énergies fossiles et pour la justice climatique.


L’un des participants, Emmanuel Verger, déclare : « Nous n’avons aucune chance de régler le problème du changement climatique si nous ne trouvons pas dès maintenant un moyen de dépasser la société du pétrole.

« Les compagnies pétrolières dévastent l’environnement local des zones d’extractions, réduisant les droits des peuples autochtones à néant, et nous poussent au-delà du seuil d’un changement climatique catastrophique.

« Nous nous trouvons à la source du problème, à la plus grande raffinerie et source d’émissions de gaz à effet de serre du pays. Nous sommes ici pour mettre un frein à la production de pétrole et pour dire « ça suffit ». Cet endroit, cette industrie, doivent devenir de l’histoire ancienne. »

Les manifestants exprimaient aussi leur soutien aux grévistes des retraites : « La justice environnementale ne se fera pas sans la justice sociale, ajoute Emmanuel. « Ceux qui exploitent les travailleurs, mettent leurs droits en péril, et ceux qui détruisent la planète, sont les mêmes. Nous voulons une transition sociétale et énergétique menée en coopération avec les travailleurs de ce secteur. Les travailleurs qui bloquent actuellement la production ont un pouvoir crucial ; à chaque litre de pétrole qui est ainsi laissé dans le sol correspond des vies humaines sauvées de catastrophes climatiques telles que les inondations récentes au Pakistan. »

 

 

 

Départ de la gare. L’ambiance était bonne enfant, accordéons, clowns étaient de la partie. Bonne ambiance mais pas sans revendications car il était question d’action ! Nous étions tous ici pour tenter une expérience, à faire autre chose qu’une manif’, à commencer à changer le monde directement plutôt qu’à demander, prier, espérer que d’autres le fassent pour nous, ou en notre nom. Aucun logo ni drapeau pour affirmer notre présence en tant que citoyen et surtout être humain  uniquement;  Tous dans le même bateau, quelque soit notre origine et de façon à créer un mouvement global. Nous avons été heureux de rencontrer rapidement plusieurs guérilleros venus de Lyon de chez les Robins des Graines, des Yvelines et d’ailleurs, chacun connaissant visiblement bien le groupe. Ainsi quelques dizaines de guérilleros étaient là dès le matin. Une présence d’autant plus forte que notre reconnaissante Catherine était venue avec son vélo tirant une carriole pleine d’outils pour l’action (bulbes, terre, graines, bêche) ! Nous avions pour notre part, apporté de la mousse et de la colle pour les tags verts.



Les antipubs ont donc réapproprié le champ visuel des espaces publiques accaparés par une publicité très présente et envahissante. 13 des Vélorutionnaires ont réussi une belle percée en fin de manif pour entrer dans la raffinerie et étaient tout particulièrement les bienvenus et sensibles à la question des transports, de l’omniprésence automobile dépendante du pétrole. Les clowns étaient armés jusqu’aux dents pour rendre le sourire aux « robocops » et autres représentants bien moins joviales et joueurs. Grâce à eux une rencontre avec un représentant Total (au nez rouge) a eu lieu. La conscience des urgences écologiques soutenues par une charte du greenwashing à la Total et de son « pétrole écologique », son « respect des salariés » dans une révolution qui leur semble indispensable… Le tout sous les huées désapprobatrices des manifestants bien habitués à ce genre de communication pseudo transparente et mensongère.

 

 

 

Arrivés à l’hôtel de ville (toujours sous le soleil) nous avons, de notre côté et vite rejoins par tous, commencé à nous attaquer à la pelouse d’un vert parfait, d’une égalité irréprochable, pour planter des bulbes diverses, des mélanges de graines afin de dénoncer cette perte d’énergie fossile (carburant des tondeuses, eaux à grand frais et énergie nécessaire pour l’entretien), cette perte de biodiversité que cela occasionne. Après de nombreux coups de bêches pour retourner le gazon durant 20mn et l’accrochage d’une banderole aux balcons de l’hotel de ville (« arret Total ») les représentants de l’ordre nous interpellent « Monsieur vous êtes en train de dégrader » ou encore « Elle vous a rien fait la pelouse »… Aussi impressionnant que cela puisse paraitre, ceci fut la première intervention des CRS au service, soit disant, des espaces verts. Interdisant l’accès, tassant de leurs grosses rangers la pelouse rappelant les temps autoritaires du second empire où l’on n’avait pas le droit d’aller sur les pelouses et où on les observait. Notre bêche a été confisquée et retenue à jamais par la police.., Les clowns, assistés du cortège, n’ont d’ailleurs pas oublié de demander, en vain, sa libération lors de notre passage devant la préfecture de police… « Une pensée à la bêche » (Viola tricolor) fut déposé avant de poursuivre la manifestation, la minute de silence résolument étouffée par des cris de colères.

 

 

Pour que chacun puisse participer à la guérilla gardening, nous avons proposé, à qui voulait, de se servir en mousse et en colle pour réaliser un tag verdoyant.L’appropriation de cette action vida notre stock en 15mn et tout le monde ou presque c’est emparé de cette opportunité collective, marchant ensemble, les mains occupées à retenir ces bouts de verts et de jaunes. Une belle troupe de guérilleros prêts à trouver le spot idéal pour rentrer en action. Ça sera le Centre Commerce National et son enseigne peu significative et en métal (pas trop idéal pour la colle) qui fut en partie recouverte.


 

Pour se rendre à la raffinerie train, vélo, stop ou bus… L’accès à la gare nous est bloquée un long moment par une ligne de CRS jouant aux contrôleurs pour nous forcer à payer nos billets de train. Au final tout le monde arriva par ses propres moyens au « pic-nique Total » à quelques pas de la raffinerie où, après avoir partagé nos provisions, nous avons eu les instructions de sécurité à l’intérieur de la raffinerie. Très vite nous sommes confrontés à un codon de gendarmes suivant un arrêté préfectoral nous interdisant d’approcher le site à moins de 150 mètres (pour le bien de la nation et donnant le droit à toute arrestation de gens affilié au camp action climat sans raison viable. Mais nous étions venu pour un « arret Total », en tant qu’individu et exactement pour le bien de la nation et de la planète. Alors pourquoi reculer face à un gouvernent et une entreprise inquiète et hors de propos ?


 

La rencontre avec les forces de l’ordre eu lieu et même si nous étions plus nombreux il semblait clairement impossible de passer les lignes. Il y eu une arrestation suivie de près par lac et les manifestants qui , jusqu’au soir et avant sa relâche le lendemain matin, allèrent manifester leur soutien face au commissariat du Havre. En attendant les 13 cyclistes partis à l’entrée secondaire de la raffinerie nous avons fait quelques jeux avec les clowns et les policiers, nous avons déposé nos dernières fleurs telle une couronne en la mémoire de la fin du pétrole… Les vélorutionnaires n’ont pas mis les pieds à l’intérieur mais ils purent parler aux syndicats et nous confirmer que la raffinerie fermerait mardi, trois jours plus tard !

 

 

Cette belle journée d’actions a permis de montrer que partout nous pouvons nous retrouver, partager nos motivations pour un monde meilleurs, notre façon de rentrer en action au quotidien… C’est aussi l’occasion de rencontrer des guérilleros, de faire passer notre message aux journalistes alternatifs (Olivier de « Basta », deux guérilleros d’une « chaine de radio libre » à Paris, les « médias alternatifs ») et aussi d’informer nos camarades qui ne connaissent pas forcément la guérilla gardening…

Le retour à la normale fut trop rapide (et donc un peu rageant il faut bien le dire…) mais dans le futur, nous retournerons apporter notre graine pour un changement global. Nous ne resterons pas enfermé à une simple volonté de revégétaliser Paris, les guérilleros sont un peu partout et doivent être actifs partout…

 

 

 

 

 

5 réponses pour “76 – Arrêt Total au Havre”

    • Je posterai quelques photos d’ici peu ;) Merci pour vos retours positifs dans une période assez froide d’un point de vu politique et social… Retrouvez nous bientôt où que vous soyez pour changer le monde qui nous entoure :)

    • Bien ça :)

      Nouveau panneau de navigation pour ce côté blog du site

      Je vais faire un saut sur le forum, il me semble qu’il y a plein de trucs à organiser en ce moment

      LOVE

    • :!: https://paris.indymedia.org/spip.php?article4924 :!:

      Procès pour « rébellion » d’un participant à l’action …
      Extrait : Nous appelons à un rassemblement devant le Tribunal de Grande Instance à partir de 8h00 pour réaffirmer notre légitimité et leur stupidité. Au-delà du soutien à Romain, la justice que nous réclamons est climatique et sociale. Le 16 octobre, une plainte a été déposée contre Total. Le 7 janvier, vous ferez son procès.

      Stands, restauration prix libre et débats, venez nombreux le 7 janvier. 8h00 – 151,BD de Strasbourg, Le Havre.

      Changeons le système, pas le climat ! :ici:

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