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92/ Actions contre les accaparements de terre de Bolloré

Juin 2015

Préparatifs

 

–› sur la carte GGFrance

Les paysans privés de terres ont lancé une série d’occupations sur les plantations Socfin au Cameroun, au Liberia, au Cambodge et en Côte d’Ivoire en avril et mai qui se conclut avec les AG des groupes Socfin (27 mai) et Bolloré (5 juin). Rendez-vous à Puteaux à l’AG des actionnaires de Bolloré pour soutenir le mouvement. Jeudi 4 juin 15h30 au square Léon Blum (arrêt M ligne 1, Esplanade de la Défense) avec bêche et râteaux pour jardiner les pelouses de Bolloré. « Ils prennent les terres, prenons les siennes »

« Ces terres nous ont été volées. Nous venons maintenant les reprendre et les occuper jusqu’à qu’un accord avec Bolloré et la Socfin soit trouvé ». Avec Essonga Michel, ils sont 6 000 paysans camerounais qui ont vu leurs forêts détruites et 40 000 ha de leurs terres récupérées par la Socapalm, une plantation contrôlée par la Socfin et le groupe Bolloré. Vendredi 24 avril, l’occupation de la plantation à Dibombarri par ces paysans a inauguré une série d’actions qui s’est poursuivi avec l’occupation des terres de la plantation Socfin au Liberia la semaine suivante, puis des plantations au Cambodge et en Côte d’Ivoire. Mis en relation par l’ONG ReAct, les victimes de la même multinationale ont décidé d’unir leur force pour contraindre l’entreprise à respecter leurs droits.

Le groupe Bolloré est l’actionnaire principal (39%) de la Socfin qui détient des plantations industrielles de palmiers à huile et d’hévéas dans ces pays. Depuis 2008, les expansions de ces plantations sont continues. Les surfaces plantées des sociétés africaines de la Socfin sont passées de 87 303 à 108 465 ha entre 2011 et 2014, soit une augmentation de 24% qui se fait au détriment des communautés locales. Pour tenter de résoudre ces conflits, Bolloré avait accepté d’entamer un processus de négociation dont le 1er round a eu lieu à Paris le 24 octobre dernier avec les représentants des communautés de ces cinq pays. Mais Hubert Fabri et Philippe de Traux de Wardin actionnaires belges historiques de la Socfin ont repoussé cette volonté d’apaisement. Ils ne reconnaissent comme interlocuteur que les autorités publiques et refuse le dialogue avec les communautés. « Ils profitent de la corruption massive qui gangrènent les autorités publiques de nos pays » explique Sare Tchrouin Ange, président de l’Union des Villages Déguerpis victimes des plantations Socfin en Côte d’Ivoire (voir la lettre à la Socfin en annexe). Le groupe Bolloré a finalement fait marche arrière et s’est aligné à la position dure des Belges.

« Le non-respect des promesses nées de la rencontre avec le groupe Bolloré en octobre 2014 a exacerbé les frustrations des populations locales, ajoute Sare Tchrouin Ange. Aujourd’hui, Bolloré encaisse les dividendes de la Socfin tout en récusant sa responsabilité. Nous demandons une négociation internationale avec la Socfin et Bolloré pour tracer une feuille de route de résolution des conflits. »

 

 

Article de presse :

 

Mainmise sur la pelouse de Bolloré
Par Vanina DelmasSuivre sur twitter5 juin 2015

La fronde s’amplifie contre l’accaparement des terres agricoles dans plusieurs pays d’Afrique et d’Asie. Des associations françaises interpellaient jeudi le groupe Bolloré. Reportage.

Dans le labyrinthe des tours de la Défense, Emma fait des allers-retours incessants pour retrouver les manifestants égarés. Tous finissent par se réunir autour de la brouette bien garnie, prêts pour leur action du jour : dénoncer les accaparements des terres en Afrique et en Asie par les plantations industrielles de palmiers à huile.

Armés de pelles, de pioches et de râteaux, la vingtaine de personnes se met à creuser la pelouse verte du siège Bolloré pour y planter des bambous et y semer des graines, sous les yeux étonnés des employés. « Ils s’accaparent les terrains des paysans sans leur permission. Aujourd’hui, c’est nous qui prenons leur terre ! », s’écrie Nicolas Rametot, porte-parole du ReAct à l’initiative de la manifestation. Le message est clair et le jour bien choisi : les actionnaires se réunissaient pour leur assemblée générale.

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« Le Cameroun aux Camerounais »

Cette action n’est qu’un petit coup de pouce lointain à la Sierra Leone, au Libéria, au Cameroun, à la République démocratique du Congo, à la Côte d’Ivoire, au Cambodge et à l’Indonésie. Car depuis un mois, des paysans, qui ne supportent plus la main mise de la holding luxembourgeoise Socfin, dont Bolloré est l’actionnaire à 39 %, y résistent comme ils peuvent.

Le 23 avril, ils ont occupé au Cameroun l’usine d’une filiale de Socfin et exigeaient qu’on rende leurs terres aux riverains. « Même quand on voyage en Afrique en simple touriste, on tombe sur ces plantations accaparées par des grandes sociétés », s’insurge Michèle, fidèle militante de l’Association française d’amitié et de solidarité avec les peuples d’Afrique (Afaspa).

« Le Cameroun aux Camerounais, le Congo aux Congolais, la Côte d’Ivoire aux Ivoiriens… », clament-ils, déterminés à entrer dans l’immeuble sous l’oeil alerte des vigiles. « Ils vont encore appeler la police pour dire qu’on les embête avec nos pelles et nos arrosoirs ! », ironisent deux militants de la première heure.

Tous espèrent que Vincent Bolloré descendra de sa tour d’ivoire pour les écouter, comme il y a deux ans. Une intervention qui avait donné naissance quelques mois plus tard à une table ronde en présence de trois représentants des communautés locales de riverains lésés par les plantations.

«  Bolloré peut faire bouger les choses, affirme Nicolas Rametot. Il peut forcer Socfin à nous écouter et il peut aussi autoriser la mise en place d’un médiation pour sortir de l’impasse et de la répression ».

 

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« Bolloré a du sang sur les mains »

Après quelques heurts avec la sécurité et les forces de l’ordre, une délégation de cinq personnes ont pu s’entretenir avec Marie-Annick Darmaillac, secrétaire générale adjointe du groupe, Ange Mancini, président du comité éthique et Clara Lemarchand, chargée de mission RSE (Responsabilité sociétale des entreprises), qui s’attendaient visiblement à une réaction des associations suite au mouvement de protestation dans les pays africains.

Le but ? Définir une véritable feuille de route signée par tous les protagonistes et pas seulement sous la pression des violences. Car le groupe Bolloré reporte systématiquement la responsabilité sur la Socfin, déplorent les associations.

En gage de bonne volonté, les cadres de Bolloré ont affirmé être prêts à accepter qu’un expert indépendant étudie la situation et à tout mettre en œuvre pour convaincre la Socfin de participer aux futures négociations.

« Bolloré a du sang sur les mains. Vendez vos parts ou faites le nécessaire pour que les droits des communautés soient respectées », ont lancé les représentants de la communauté congolaise après avoir raconté la répression que subissent leurs compatriotes sur leurs propres terres.

Mais pour le moment, la seule trace de leur passage reste les bambous qu’ils ont planté et les graines qu’ils ont semé sur une pelouse de la Défense.

 

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